Le
Nord-Est italien : les vins de l’avenir dans les trois Vénéties
Vénétie, Frioul-Vénétie Julienne, Trentin
Haut-Adige
Les trois régions nord-orientales, connues sous le nom des Trois
Vénéties, ou tout simplement les Vénéties,
donnent le ton à la viticulture italienne moderne avec leurs vins
issus des cépages indigènes aussi bien qu’internationaux.
Dans les années 1970, les producteurs ont introduit de nouvelles
techniques pour la production des vins blancs, suivies ensuite dans les
récentes décennies par des méthodes encore plus sophistiquées,
pour les vins rouges.
Deux des meilleurs instituts d’œnologie italiens sont situés
dans les Vénéties (San Michele all’Adige dans le Trentin
et Conegliano dans la Vénétie). La plus grande pépinière
vinicole du monde se trouve à Rauscedo dans le Frioul. Chaque année,
au printemps, le plus important salon national du vin a lieu à
Vérone.
Ensemble, la Vénétie, le Frioul-Vénétie Julienne
et le Trentin Haut-Adige produisent moins du cinquième du volume
total de vin en Italie, mais comptent environ le tiers des régions
DOC. La Vénétie vient en tête, ayant récemment
remplacé les Pouilles et la Sicile, en tant que plus gros producteur
de vin parmi les 20 régions d’Italie, tout en accroissant
son nombre de DOC grâce en partie aux trois DOC de la région
de Vérone : Soave, Valpolicella et Bardolino. Dans le Frioul-Vénétie
Julienne et le Trentin Haut-Adige, la production est plus modeste en termes
de volume, mais ces régions cumulent un pourcentage enviable de
vins classés.
Le climat des Vénéties, qui sont situées du côté
ensoleillé des Alpes et donc protégées des froids
humides du nord de l’Europe, joue un rôle déterminant
dans la qualité de la production. Les températures dans
les vignobles sont fraîches en altitude et chaudes sur le littoral
Adriatique et dans les vallées du Pô, du Piave et de l’Adige.
Bien que la culture des Vénéties, comme le nom l’indique,
soit un produit de l’ancienne république de Venise, on y
sent également de façon marquée l’influence
de l’Autriche et de la Slovénie, d’où la tendance
à produire des assemblages cosmopolites de cépages. Dans
ces trois contrées, les viticulteurs font appel à un assortiment
étonnant de cépages indigènes et importés
pour produire des vins blancs parmi les plus fins de l’Italie. On
y trouve aussi une multitude de vins rouges dont la gamme comprend des
vins jeunes et non compliqués aussi bien que des rouges complexes,
élevés en fûts.
Depuis ces dernières années, les vins blancs comme le Soave
et le Pinot Grigio ont beaucoup de succès dans le monde. Mais,
les producteurs du Frioul et du Trentin Haut-Adige produisent maintenant
des vins blancs dont la profondeur et le style contredisent l’idée
que les vins blancs italiens ne sont que frais et légers. La tendance,
qui avait favorisé les vins blancs dans les Vénéties,
s’est récemment renversée avec un accroissement des
plantations de cépages rouges.
Dans la région de Vérone, le Soave, le Valpolicella et le
Bardolino sont produits avec les cépages indigènes locaux.
Mais, dans le centre et la partie orientale de la Vénétie
et au Frioul, les cépages importés tels que le Merlot, le
Cabernet, les Pinots, le Chardonnay et le Sauvignon occupent une large
place dans les vignobles avec les cépages indigènes Tocai,
Prosecco, Verduzzo, Refosco, Schioppettino, Ribolla Gialla et Raboso.
Au Trentin Haut-Adige, les vins rouges l’emportent haut la main,
avec une prédominance de l’ubiquiste Schiava ou Vernatsch,
bien que les cépages plus nobles comme le Teroldego, le Lagrein
et le Marzemino tiennent bien leur place devant les Cabernet, Merlot et
Pinot Nero. Mais, les vins blancs sont maintenant les favoris avec en
tête le Chardonnay, les Pinots, le Sauvignon et le Gewurztraminer.
En raison du nombre impressionnant de cépages cultivés dans
les trois régions, l’usage a fait qu’on les a regroupés
sous un seul DOC pour une région géographique assez large
comme Piave dans la Vénétie, Collio Goriziano dans le Frioul
et les larges appellations de Trentino et Alto Adige, qui couvrent toute
la province. Bien que la liste soit longue, l’identification géographique
semble aider les consommateurs à faire le lien entre lieux d’origine
et cépage.
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