[ 18 octobre 2004 ]
La Calabre : un pur joyau
Région de la Calabre
Fiche d’identité

Localisation : sud-ouest de l’Italie, entre la Basilicate et la Sicile
Population : 2 millions d’habitants
Superficie : 15 080 km2
Capitale : Catanzaro
La région de Calabre est composée de 5 provinces : Catanzaro, Cosenza, Crotone, Reggio Calabria, Vibo Valenzia


Parmi les nombreux joyaux que l’Italie possède, la Calabre en est un qui reste encore à polir, réservant ses beautés et ses trésors aux temps à venir. Un peu comme une pierre précieuse que l’on découvre nichée dans une roche, pierre encore brute mais déjà belle à l’œil des connaisseurs, riche de promesses qu’elle tiendra. C’est une région qui a su, par le passé, attirer et séduire les plus grandes civilisations du monde et qui semble s’être endormie momentanément, s’offrant aujourd’hui comme un coin du monde authentique et préservé.

Forêts émeraude, mer et ciel aigue-marine, sable topaze ou diamant et cimes enneigées nacrées, ici la nature se fait parure ! 800 km de plages d’eaux cristallines des mers Ionienne et Tyrrhénienne; les Mélèzes, montagnes séculaires aux gorges pittoresques; une nature luxuriante; des traces de grande histoire à foison; des traditions très vivantes; une gastronomie simple et savoureuse; … il y a de quoi voir, faire et goûter en Calabre.

Terre d’accueil de la civilisation grecque par excellence, la Calabre fut, durant l’antiquité, l'un des hauts lieux de la Magna Grecia comme en témoignent les Bronzes de Riace (conservés au Musée Archéologique National de Reggio de Calabre) et des villes comme Locri ou Sibari où l’on peut en admirer d’incroyables vestiges. Mais les Grecs ne sont pas les seuls à avoir sculpté cette région, les Romains, les Goths-Lombards, les Byzantins, les Normands, les Souabes, les Angevins, les Aragonais jusqu'aux Bourbon, ont laissé des témoignages architecturaux d'une grande valeur culturelle et artistique.

Depuis toujours, la Calabre a été un véritable pont entre les différentes cultures qui l’ont composée. Aujourd’hui encore, des minorités ethniques de vieille souche, telles les Grecs et les Albanais, ont conservé leurs langues et leurs traditions. Des traditions multiples qui nourrissent un folklore riche, profondément religieux et encore très présent. C’est cet ensemble d'histoire, de traditions et de paysages qui constitue la véritable essence de la Calabre.

Les plaisirs gastronomes ne manquent pas de… piquant !


En effet, on ne manque pas de remarquer la place privilégiée qu’occupe « Sa Majesté Le Piment » (peperoncino en italien; pipi vruscente, pipazzu ou pipariellu en calabrais !) dans les diverses recettes calabraises. C’est tellement vrai qu’en 1994, une Académie italienne du Piment voit le jour en Calabre, patrie du piment, et a pour objectif d’approfondir et diffuser la culture « piquante » en Italie. Visitez le site Internet de cet incroyable mouvement : www.peperoncino.org !

Mais outre le peperoncino, la cuisine calabraise célèbre une multitude de parfums : ceux notamment des épices et des herbes (cumin, laurier, fenouil, poivre, ail, ...), qui proviennent des influences et des invasions tant méditerranéennes qu'orientales qui ont marqué cette région-carrefour de la péninsule. On retrouve ainsi de nombreux plats aux saveurs aigres-douces et alliant le sucré avec l’épicé. N’oublions pas la culture ancestrale de la bergamote (famille des agrumes) dans la région de Reggio Calabria, qui sert notamment à fabriquer des parfums raffinés et à aromatiser diverses préparations culinaires comme des confitures, des gelées, des thés et des confiseries.

Côté mer, en sauce, grillé ou frit, le poisson est très apprécié des Calabrais qui pêchent l’espadon, le thon et les sardines. Côté montagnes, le roi incontesté de ce coin de l’Italie reste le porc. Les viandes froides et la charcuterie aux noms de capocollo, ndugliea o ndugghie (saucisse), soppressate (soubressade), prosciutti salati e affumicati (jambons salés et fumés) sont abondantes. Et l’un des plats les plus célèbres est le murseddu, appelé aussi mursiellu ou encore suffrittu, des tripes de cochon cuisinées longuement avec tomates, peperoncino, origan et vin rouge.

Les vedettes du monde végétal calabrais sont nombreuses mais la star incontestée est bien l’aubergine. Elle trouve dans le terroir de la Calabre une terre particulièrement accueillante et un climat propice à son épanouissement. On l’apprête aussi avec beaucoup de soin et d’imagination, frite, rôtie, farcie, à l’huile, au vinaigre, aigre-douce, à la Parmigiana, à la Reggitana (de la région de Reggio-Calabria), et de bien d’autres façons encore. Les agrumes comme les mandarines ou les oranges se mangent aussi bien en salade qu’en dessert et les citrons sont souvent confits. Les olives que l’on presse pour en tirer une huile reconnue et recherchée pour son goût unique se dégustent aussi séchées, farcies ou préparées dans la saumure.

Les fromages sont à l’image de cette terre de caractère. Localisée sur le haut plateau de la Sila, la production se distingue par sa richesse et sa diversité, d'autant que la plupart des procédés de fabrication sont demeurés archaïques. Vous pourrez donc déguster le furmaggiu du quagghiu, un fromage de brebis vieilli longtemps et le célèbre Butirro au lait de vache qui a, à l’intérieur, la consistance du beurre; le Musulupu, un fromage alliant lait de vache et lait de chèvre, d’origine gréco-albanaise, qui se mange pour les fêtes de pâques; le Pecorino di Crotone, un fromage à pâte ferme, aux laits de vache et de chèvre, relevé de grains de poivre; le Caciocavallo Silano (DOP), un fromage au lait de vache à pâte semi-dure, pour les plus connus.

Et l’on retrouve d’ailleurs certains de ces fromages dans la préparation des nombreux desserts que les Calabrais se préparent, comme les chinulille, raviolis farcis de ricotta. Mais explorons un peu plus la Calabre sucrée avec ses cannariculi, petits gâteaux de Noël frits et trempés dans le miel; les crucette, des figues au four farcies de nombreuses façons; les fruits séchés dont en particulier les pêches de Grisolia; les mandorlati, des biscuits à base de pâte d’amande; les mostaccioli, des petits gâteaux en forme d’animaux; les pistilli, des châtaignes préparées au four, … la liste est encore longue et révélatrice du plaisir que prennent les Calabrais à préparer des mets délicieux, tous inspirés par la nature qui les entourent.

Bacchus n’a pas pour autant oublié cette région qui soigne particulièrement le Gaglioppo, cépage rouge prédominant qui aime la sécheresse et le soleil abondant de sa terre. Il donne naissance au fameux Cirò, l’un des plus anciens vins d’Italie, qui représente quand même près de 85 % de la production en appellation contrôlée. On y élève aussi des vins blancs et rosés, notons au passage l’appellation Greco di Bianco, un vin blanc doux, fait avec des raisins passerillés que l’on déguste en apéritif ou en dessert. Le vignoble calabrais compte en tout 12 DOC (Donnici, Pollino, San Vito di Luzzi, Verbicaro, Cirò, Melissa, Sant’Anna di Isola Capo Rizzuto, Savuto, Scavigna, Lamezia, Bivongi et Greco di Bianco) et 13 IGT.

Commencer son voyage en Calabre… à Montréal !

Avec tout ça, la Calabre ne manque certes pas d’attraits pour qui apprécie les avantages d’une terre encore relativement méconnue du « grand » tourisme. Et pour ceux qui envisagent cette région comme prochaine destination « vacances », saviez-vous qu’une part importante d’Italiens venus s’installer au Québec à partir de la fin du XIXe siècle est d’origine calabraise ? Voilà une formidable opportunité pour, à partir de chez vous, découvrir une culture et préparer un beau voyage dans cette région !


 
 
 
 
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