[ 23 février 2005 ]
La Sardaigne : richesses et beautés sauvages
Située juste au sud de l'île de Corse, la Sardaigne est la deuxième plus grande île de la Méditerranée après la Sicile.

Capitale : Cagliari
Population : 1,6 million (1991)
Langue officielle : italien
Région autonome à statut spécial
Provinces : Cagliari, Nuoro, Oristano, Sassari

Pétrie d’une multitude de cultures illustres au fil des siècles, fière héritière d’antiques traditions pour beaucoup encore en cours, l’île sarde se présente aujourd’hui comme une mosaïque de langues et d’us et coutumes, avec pour décors des paysages d’une grande diversité et de toute beauté. Elle est, en somme, une terre d’alliance entre le passé et le présent, une enclave protégeant encore des trésors de la mémoire des hommes.

Une des caractéristiques les plus remarquables de la Sardaigne réside dans la variété des langues et/ou dialectes qui y sont encore parlés. En effet, même si l’italien est devenu, depuis 1764, la langue officielle, les Sardes constituent l'une des plus importantes entités linguistiques de toute l'Italie, et même l'une des plus considérables d'Europe (on estime que 85 % des habitants de l'île comprennent le sarde). À ceux-là viennent s’ajouter un groupe d’environ 30 000 personnes parlant le catalan, installées dans la ville d’Alghero au nord-ouest de l’île, ainsi que des petites communautés parlant le corse du sud, dans le nord de l’île (en Gallura), et le génois, dans les petites îles du sud-ouest (notamment à Carloforte dans l'île de San Pietro et à Calasetta dans l'île de San Antioco).

Cette richesse linguistique s’explique simplement par la non moins riche histoire de l’île :

Envahie d’abord par les Phéniciens (Xe-VIIe siècles avant notre ère), les Carthaginois (VIIe siècle) et les Phocéens (VIe siècle), la Sardaigne subit ensuite successivement la domination des Romains (238 av. J.-C. - 476 apr. J.-C.), des Vandales (476 - 534), de l’Empire bizantin (534 - 711) et des Arabes (711 - 1016). À la demande des Sardes, les républiques de Gênes et de Pise interviennent pour contrer l’avancée des Arabes, puis se disputent l’île du XIe au XIIIe siècles. Celle-ci sera finalement remise au roi d’Aragon par le pape Boniface VIII en 1297. Mais la couronne arago-catalane ne conquiert définitivement l’île qu’en 1325 et c’est alors que, tandis que le sarde commence sa période de déclin, le catalan devient la langue de l'administration et de la culture, et demeurera la langue dominante sur l’île jusqu’au XVIIIe siècle.

En 1720, en échange de la Sicile, le traité de Londres cède la Sardaigne au Duc de Savoie. Mais en 1860, l’ouest de la Savoie est annexé à la France et la Sardaigne est incorporée au royaume d’Italie.

La communauté catalane se regroupe dans la seule ville d’Alghero devenue une véritable enclave catalane en terre sarde !

De toutes ces influences, la Sardaigne d’aujourd’hui a gardé beaucoup.

On l’aura compris, ici l’histoire se laisse lire au gré de nos promenades tant elle est omniprésente. Dans le témoignage silencieux des nuraghi, par exemple, ces habitations coniques de la préhistoire datant du IIe millénaire av. J.-C. et ressemblant à une tour à large base qui se rétrécit vers le sommet et aboutissant en un cône haut de plus de 20 m. Environ 7000 nuraghi rythment les paysages sardes, faisant de l’île l'un des plus grands musées archéologiques à ciel ouvert au monde !

Tandis que les traces laissées par les Phéniciens, les Carthaginois et les Romains sont plus difficiles à appréhender, les églises romanes et l’art baroque sont, quant à eux, très présents dans le paysage.

Plages, terres et traditions !

Côté nature, la Sardaigne est bénie avec des plages qui comptent parmi les plus belles et les mieux préservées de la Méditerranée. En voici quelques-unes des plus belles : la plage de Chia, après Pula, près de Cagliari; la Cala Corsara dans le parc national de la Madeleine; les dunes de Piscinas sur la Costa Verde, et bien d’autres encore !

L’intérieur des terres, encore très sauvage, offre des coteaux recouverts de maquis, d’oliviers centenaires et de figuiers de Barbarie et des villages haut perchés sur des montagnes arides.

Comme toute île en général, la Sardaigne a su conserver jalousement d’anciennes traditions issues du grand nombre de cultures qui l’ont façonnée. Notons seulement qu’on y célèbre plus de mille fêtes religieuses ou païennes par an; mais aussi un carnaval hors du commun au rythme d'étranges danses rituelles et de chants polyphoniques d’une beauté à couper le souffle !

Une île de gourmandises

Sur le plan culinaire, l’île propose des spécialités qui reflètent parfaitement la richesse, la beauté et la diversité qui la caractérisent. La gastronomie sarde réserve une place d’honneur aux viandes rôties (comme le porcelet, l'agneau et le chevreau) savourées braisées sur une broche taillée en bois d'arbousier et simplement relevées d’un peu de sel, de lard et d’aromates comme la myrte, le romarin, le laurier ou la sauge. On peut aussi déposer le cochon ou le sanglier à rôtir dans un trou creusé dans la terre et sur lequel on brûlera un type de bois aromatique, comme des branches de myrte par exemple. On recouvrira celles-ci de tisons ardents. La cuisson, très longue, conférera des arômes incomparables à la viande.

La charcuterie aussi est très présente dans les réjouissances papillaires ! Le capocollo (produit salé et séché qui se consomme cru), la pancetta (lard), le jambon cru, la saucisse sarde vendue fraîche, séchée ou fumée, ou encore le jambon de sanglier sont au programme !

Un bon plat de pâtes sardes est un plat de malloreddus (sorte de petits gnocchis), les plus typiques de l’île, préparées avec du safran pour demeurer vraiment fidèle à la tradition ! Mais on dégustera aussi : de la fregula (version sarde du couscous), soit des petites boules de semoule faites à la main et grillées au four, incorporées dans la soupe ou dégustées avec des palourdes ou de la saucisse fraîche et des tomates; des pillus qui ressemblent à des lasagnes; des tallarinus (sorte de tagliolinis) ou encore on goûtera à des culurgiones (raviolis) farcis au fromage de brebis frais.

Voici une île peuplée plutôt de bergers que de pêcheurs et côté poisson, malgré ses eaux poissonneuses, la Sardaigne propose un choix relativement restreint de recettes. On y découvre tout de même la poutargue (œufs de mulet séchés), on y déguste des anguilles marinées, des langoustes à la vernaccia, imprégnées de ce vin blanc délicat et parfumé de clous de girofle, ainsi que de la cassola, une soupe de poissons variés. On trouve aussi des plats à base de merlans, rôtis ou en escabèche, c'est-à-dire marinés dans du vinaigre.

Les fromages, c’est ce que le reste du monde connaît le mieux de la Sardaigne ! Entre autres recettes, les fromages DOP pecorino sardo, confectionné avec du lait entier de brebis et conservant les arômes d'herbes broutées et le fiore sardo, fait exclusivement de lait de brebis frais et coagulé avec de la présure d'agneau selon une technique artisanale très ancienne, ainsi que le casilozu, proche du caciocavallo, et le canestrati, un fromage produit avec du lait de brebis entier et formé dans des corbeilles en osier; tous ces fromages font notre régal !

Les vignobles sardes, situés principalement dans la grande partie sud de l’île, entre Oristano et Cagliari, ainsi qu’à l’extrême nord, dans les arides collines de Gallura, nous offrent des vins de qualité contrastée. Certains toutefois sont à retenir comme le Cannonau di Sardegna Riserva et le Vermentino di Gallura, mais aussi la Vernaccia di Oristano, certains Moscato, de Sorso ou de Sennori.

Enfin, comme douceurs, la Sardaigne ne manque pas de choix ! De nombreux gâteaux sont faits à base d’amandes comme les amaretti, les suspirus et les copulettas (meringues). Les amandes peuvent également être mélangées au sucre, au miel et aux écorces d’orange. Les sebadas, à base de fromage et de miel, sont les gâteaux les plus typiques de la Sardaigne.

Tant de bonnes et belles choses à découvrir, à déguster et à admirer nous attendent en Sardaigne. Une destination inhabituelle qui vaut bien le détour !



 
 
 
 
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